Le thermomètre baisse et vous entendez un léger grattement dans le mur du salon. Ce n’est pas un hasard : dès les premiers froids, les souris cherchent activement un abri chaud, et votre maison est en tête de leur liste. La bonne nouvelle, c’est qu’elles ne s’invitent jamais par magie. Elles passent toujours par des ouvertures précises, souvent minuscules, qu’il est possible de repérer et de sceller avant qu’il ne soit trop tard.
Une souris peut se glisser dans un trou de 6 mm, soit à peine plus large qu’un crayon. C’est le fameux test du crayon : si un crayon rentre dans une fissure ou un interstice, une souris peut y passer aussi, en compressant sa cage thoracique. Autour d’un mètre de mur, il suffit parfois d’une seule fissure oubliée pour ouvrir la porte à toute une colonie.
Pourquoi les souris cherchent à entrer dès les premiers froids
À l’automne, la nourriture se raréfie à l’extérieur et les nuits se rafraîchissent nettement. Les rongeurs ont alors deux priorités : trouver de la chaleur et constituer des réserves avant l’hiver. Une maison chauffée, avec ses recoins tranquilles et sa cuisine généreuse en miettes, coche toutes les cases. Dès la fin août, les premières éclaireuses commencent déjà à repérer les accès potentiels, bien avant que le froid ne s’installe réellement.
C’est ce qui explique pourquoi une infestation semble parfois « soudaine » en novembre : en réalité, le repérage a commencé des semaines plus tôt, et les souris ont simplement attendu le bon moment pour s’installer durablement.
La taille de trou qui suffit à une souris (test du crayon)
Retenez ce repère simple : un trou de 6 mm à 1 cm suffit à une souris adulte. Un rat, lui, a besoin d’un peu plus d’espace, mais ne vous fiez jamais à l’apparence d’un orifice « trop petit ». Le squelette d’une souris est flexible, et elle peut littéralement aplatir sa cage thoracique pour se faufiler. Inspecter sa maison avec ce réflexe en tête change complètement la manière de repérer les points d’entrée.
Les points d’entrée à inspecter avant l’hiver

Une maison comporte en moyenne une dizaine de zones à risque, réparties sur toute sa hauteur. Les rongeurs ne se contentent pas du rez-de-chaussée : ils grimpent, escaladent les gouttières et exploitent la moindre fissure en toiture.
Au niveau du sol
Les fondations sont la première zone à examiner, en particulier les jonctions entre le béton et les murs, souvent fissurées avec le temps. Les soupiraux de cave, quand ils ne sont pas équipés d’une grille fine, constituent une porte d’entrée classique. Le garage mérite aussi une attention particulière : le joint bas de la porte se rétracte avec les années et laisse souvent un interstice suffisant. Enfin, les passages de tuyaux d’eau ou de gaz qui traversent un mur extérieur créent presque toujours un espace résiduel autour du conduit.
En hauteur et sur les murs
Les câbles électriques et les lignes téléphoniques qui entrent dans la maison laissent fréquemment un vide autour de leur gaine. L’unité de climatisation extérieure, avec son tuyau de évacuation, est un autre classique trop souvent négligé. En hauteur, les avant-toits et les soffites (ces panneaux sous le toit) se décollent parfois légèrement, offrant un accès direct au grenier. La cheminée, si elle n’est pas coiffée d’un mécanisme protecteur, reste une voie royale pour un rongeur agile. La toiture elle-même, au niveau des solins ou des tuiles déplacées, complète la liste des zones à contrôler chaque automne.
L’erreur qui coûte cher : la mousse expansive seule
Beaucoup pensent avoir réglé le problème en injectant de la mousse expansive dans une fissure. Or les souris la rongent en quelques heures, car elle reste tendre. Utilisée seule, elle ne fait que masquer temporairement le trou sans jamais le fermer réellement.
Les matériaux qui tiennent vraiment (et ceux qui échouent)
Pour sceller durablement un passage, la combinaison la plus efficace reste la laine d’acier associée à un calfeutrant extérieur résistant aux intempéries. La laine d’acier bloque physiquement le passage, car les rongeurs ne peuvent pas la ronger sans se blesser, tandis que le calfeutrant fixe le tout et empêche l’humidité de s’infiltrer. Pour les ouvertures plus larges, une plaque de métal ou un mortier de ciment offre une protection quasi définitive.
À l’inverse, le bois, le plastique et la mousse expansive utilisée seule échouent presque systématiquement face à des dents de rongeur. Ces matériaux se rongent facilement et donnent parfois même l’illusion trompeuse d’une réparation solide, alors qu’ils cèdent en quelques jours.
| Matériau | Efficacité contre les souris |
|---|---|
| Laine d’acier + calfeutrant | Très efficace, tient dans la durée |
| Plaque de métal / grillage fin | Très efficace pour les grandes ouvertures |
| Ciment / mortier | Efficace pour les fondations et soupiraux |
| Mousse expansive seule | Inefficace, rongée rapidement |
| Bois / plastique | Inefficace, facilement rongé |
Quand inspecter et sceller : le bon calendrier
La fenêtre idéale se situe entre la fin août et le début de l’automne, avant que le froid ne pousse réellement les rongeurs à chercher un abri. Faire le tour de sa maison à ce moment-là, muni d’un simple crayon pour tester chaque interstice suspect, permet de traiter les points faibles avant qu’ils ne deviennent des voies d’accès actives. Une fois les premiers froids installés, la pression des rongeurs augmente et chaque jour de retard compte.
Vérifier également l’état des grilles de soupiraux, la fixation des soffites et l’étanchéité autour des tuyaux et câbles électriques fait partie de cette inspection annuelle. Un contrôle rapide, mais régulier, évite bien des surprises en plein hiver.
Questions fréquentes

Comment savoir si des souris sont déjà entrées ?
Des petits excréments sombres près des placards, des bruits de grattement dans les murs ou le plafond la nuit, et des traces de rongement sur des emballages ou du bois sont les signes les plus fiables d’une présence installée.
Faut-il appeler un professionnel dès les premiers signes ?
Si les points d’entrée sont scellés tôt, une intervention personnelle suffit souvent. En cas de bruits multiples, d’odeurs persistantes ou de traces sur plusieurs pièces, une infestation est probablement déjà bien avancée et un exterminateur reste la solution la plus rapide pour reprendre le contrôle.
Les ultrasons ou répulsifs naturels suffisent-ils ?
Ils peuvent limiter temporairement la présence des rongeurs, mais ne remplacent jamais le scellement physique des ouvertures. Sans ce travail de fond, les souris finissent presque toujours par revenir dès que le répulsif perd en intensité.





