Un enclos de campagne, un soleil de plomb, des poules qui haletent dans un coin et fixent le ciel. Stéphane, passionné de permaculture, connaissait cette scène par cœur. Sa solution tient en une plante : le kiwi, qu’il fait grimper directement sur la structure de ses poules.
L’idée séduit parce qu’elle ne demande aucun nouvel équipement. Elle exige pourtant une chose que beaucoup oublient avant de planter : une ossature capable de porter des lianes qui deviennent lourdes avec les années.
Le principe : une pergola de kiwis au-dessus de l’enclos des poules
Stéphane a bâti son enclos autour d’une solide ossature en bois, avec un grillage monté à environ deux mètres de hauteur. Il s’est vite posé la question : à quoi sert une telle structure si elle ne protège que les poules ? Sa réponse tient en une phrase : « Si je n’utilise cette structure que pour les poules, je ne respecte pas les principes de la permaculture, qui veulent que chaque aménagement ait plusieurs utilités. »
Il a donc transformé son enclos à poules en pergola fruitière. Un pied de kiwi (le nom botanique est Actinidia) a été planté au pied de chaque poteau. Au fil des saisons, les lianes montent, s’étalent sur le dessus et forment peu à peu un toit de feuillage au-dessus du poulailler.
Le bénéfice est double. Les poules gagnent de l’ombre et des cachettes, et le jardinier exploite un volume qui, jusque-là, ne servait à rien.
Planter et guider l’Actinidia sur la structure de l’enclos
La méthode reste directe, et elle ne coûte rien si vous disposez déjà d’un enclos solide. Voici les étapes à suivre dans l’ordre.
- Vérifiez que les poteaux et les traverses sont solidement ancrés et qu’ils supporteront une végétation dense.
- Plantez un pied de kiwi au pied de chaque poteau, dans un endroit lumineux et un sol adapté, en évitant les erreurs de plantation des arbres fruitiers.
- Arrosez régulièrement pendant l’installation, le temps que les plants s’enracinent.
- Guidez les rameaux vers le haut, puis sur le dessus de l’enclos, au lieu de les laisser s’accrocher au hasard.
- Taillez régulièrement pour maîtriser la liane grimpante et éviter que l’ensemble ne devienne trop lourd.
Un détail change tout si vous voulez des fruits : la plupart des variétés demandent un pied mâle et un pied femelle pour fructifier. Il existe des variétés autofertiles, à choisir si vous manquez de place pour deux plants.
Avant de planter, vérifiez aussi que la variété retenue et les autres plantes du parcours conviennent à des poules, qui picorent tout ce qui est à leur portée. Un doute sur une plante suffit pour la placer à l’extérieur du grillage.
Une structure assez solide pour supporter le feuillage et les fruits

C’est ici que se joue la réussite du projet. Les tiges du kiwi deviennent ligneuses avec le temps, le feuillage est abondant, et les fruits ajoutent encore du poids. Un simple grillage léger ne tiendra pas longtemps sous cette charge.
Prévoyez donc des poteaux profondément ancrés et des traverses dimensionnées pour une végétation dense. La taille annuelle compte autant que la construction : elle garde la liane sous contrôle et répartit la charge. Stéphane a d’ailleurs étendu le principe aux clôtures. Il a commencé à diriger un premier pied d’Actinidia le long du grillage pour gagner de la surface.
Le test avant de planter : votre ossature tient-elle la charge ?
Secouez chaque poteau et appuyez sur les traverses. Si la structure bouge ou plie déjà à vide, renforcez-la avant d’installer le moindre kiwi. Une liane adulte chargée de feuilles et de fruits pèsera bien plus lourd qu’un jeune plant.
Ombre, fraîcheur et sécurité : ce que le feuillage apporte aux poules
Les poules supportent mal la chaleur. Quand le soleil frappe directement leur parcours, elles réduisent leur activité, halètent et cherchent de l’ombre à tout prix. Le feuillage du kiwi filtre les rayons et crée des zones ombragées, ce qui rend le poulailler plus vivable aux heures chaudes.
Stéphane y voit aussi un effet sur le comportement : « Cela va apporter aux poules de l’ombre, de la fraîcheur, et elles vont aussi se sentir davantage en sécurité. » Son observation est simple : dans un parc complètement ouvert, les poules se réfugient dans les coins parce qu’elles redoutent une attaque venue d’en haut.
Attention toutefois à ne pas surestimer cette protection. Le feuillage dense réduit l’exposition visuelle et offre des refuges, mais il ne constitue pas une défense fiable contre les rapaces. Pour sécuriser réellement l’enclos, un filet résistant ou une couverture grillagée adaptée reste nécessaire.
L’ombre du kiwi ne remplace pas non plus l’eau fraîche ni la ventilation, indispensables en été. Elle vient en complément de ces précautions, jamais à leur place.
Enrichir le poulailler sans rien acheter : cachettes, activités et vie du groupe

Un enclos nu favorise l’ennui. Sous une pergola de kiwis, le décor change au fil des saisons : les poules s’abritent sous les lianes, explorent les recoins et se répartissent dans l’espace au lieu de s’entasser dans un angle. Ce type d’enrichissement ne coûte rien, puisqu’il repose sur une structure déjà construite et sur des plants.
Les zones d’ombre profitent aussi à la vie du groupe. Les poules peuvent se reposer à plusieurs, ou s’isoler un moment, sans se disputer l’unique coin frais. Un bain de poussière installé à l’abri de ce toit végétal peut compléter l’ensemble, à condition de ne pas multiplier les accessoires inutiles.
Côté récolte, Stéphane vise 20 à 30 kilos de kiwis supplémentaires, « peut-être d’ici un an ou deux », sur cette seule structure. Il s’agit d’un objectif personnel, pas d’une promesse. La quantité dépendra de l’âge des plants, de la variété, de la pollinisation et du climat.
En résumé, l’idée tient ses promesses à une condition : construire solide dès le départ. Avec une ossature robuste, une taille régulière et un filet contre les rapaces, votre poulailler peut devenir plus frais, plus rassurant pour les poules et, avec un peu de patience, productif pour vous.






