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Framboisiers : le geste d’octobre qui change tout pour la prochaine récolte

Jardinier agenouille coupe une canne de framboisier au secateur

En octobre, un rang de framboisiers ressemble souvent à un fouillis : vieilles tiges sèches d’un côté, jeunes pousses vigoureuses de l’autre. Un coup de sécateur donné au bon endroit peut préparer une récolte bien plus généreuse l’été prochain. Donné au mauvais endroit, il vous prive de fruits. Tout se joue dans le choix des tiges.

Faut-il tailler les framboisiers en octobre ? Oui, mais de façon sélective

La taille du framboisier est possible d’octobre à mars, mais un passage à l’automne structure déjà la future récolte. Il ne s’agit pas de tout raser. On retire seulement ce qui a fini sa vie ou ce qui gêne, et on garde les jeunes cannes qui porteront les fruits.

Le principe tient au fonctionnement de Rubus idaeus. Ses racines vivent longtemps, mais chaque tige suit un cycle bisannuel : une année de croissance, une année de fructification, puis la mort. Les cannes qui ont déjà fructifié ne reproduiront plus. Si vous les laissez en place, elles privent les jeunes pousses de lumière et d’air, et elles hébergent des champignons comme le botrytis ou la rouille.

Quelles tiges couper en octobre : cannes épuisées, malades et drageons

L’opération principale se fait en octobre ou novembre. Vous coupez les tiges ciblées à 2 ou 3 cm du sol, avec un sécateur propre et bien affûté. L’objectif est de ne garder au final que 6 à 8 cannes vigoureuses par mètre de rang.

Les cannes à sacrifier se repèrent bien. Leur bois est marron ou gris, sec, avec souvent une écorce qui s’écaille, et elles portent encore au bout les restes de grappes desséchées. Ce bois a déjà produit, il est épuisé. Trois catégories de tiges sont à supprimer :

  • les cannes qui ont fructifié cette année, reconnaissables à leurs grappes sèches en extrémité ;
  • les tiges cassées, très fines ou manifestement malades, qui encombrent sans produire ;
  • les drageons qui sortent largement du rang et transforment le massif en fourré.

Cette taille sert d’abord à aérer. Une framboiseraie laissée trois ans sans intervention devient un cas d’école : vieilles tiges et jeunes pousses s’emmêlent, l’air ne circule plus et l’humidité stagne à la première pluie de juin. La moisissure grise gagne alors les fruits avant leur maturité, et la récolte pourrit sur place.

Remontants ou non remontants : adapter la taille sans perdre de fruits

Main coupant une tige de framboisier au secateur

Avant de couper, identifiez votre type de framboisier. C’est lui qui décide de ce que vous pouvez retirer sans risque.

Type Variétés citées À couper en octobre
Non remontant Willamette, Tulameen Uniquement les cannes qui ont fructifié
Remontant Héritage, Polka Seulement le bois épuisé ou malade, et les drageons envahissants

Le framboisier non remontant

Un framboisier non remontant comme Willamette ou Tulameen donne une grosse récolte en juin et juillet. La canne pousse la première année sans porter de fruits, se lignifie pendant l’hiver, produit en été, puis meurt vers septembre ou octobre. En automne, vous éliminez donc les tiges qui portent encore des restes de fructification. Entre janvier et mars, la différence se voit encore mieux : les tiges mortes sont grises et cassantes, les cannes vivantes sont rousses et souples.

Le framboisier remontant

Le framboisier remontant, comme Héritage ou Polka, enchaîne une première récolte en été puis une seconde vague jusqu’aux gelées. Sur un Héritage, 5 ou 6 cannes fructifères ont permis de cueillir en octobre 2021 environ 300 à 400 g de framboises tous les 4 jours. En octobre, on se limite donc au nettoyage du bois vraiment épuisé ou malade et aux drageons gênants.

Les jeunes tiges vertes de l’année assurent l’essentiel de la récolte suivante : les couper, c’est se priver de fruits. Certains jardiniers rabattent leurs remontants à ras en fin d’hiver pour n’avoir qu’une récolte d’automne. C’est un autre choix de conduite, à ne pas mélanger avec le nettoyage d’octobre.

Le test de la canne en 10 secondes

Regardez le bout de la tige. Des grappes sèches et un bois gris ou marron qui s’écaille, c’est une canne finie : au sécateur. Une écorce lisse et souple, sans trace de fruits, c’est une canne d’avenir : on la garde.

Après la taille : drageons, paillage et entretien des rangs

Une fois les cannes en trop supprimées, l’automne sert aussi à remettre de l’ordre dans le rang de framboisiers. Les plants se renouvellent vigoureusement par drageons. Mieux vaut maintenir une bande peu épaisse, assez étroite pour passer au moment de la cueillette. Les pousses qui s’aventurent loin du rang sont déracinées ou replantées ailleurs.

Un léger griffage de surface suffit pour retirer les adventices. Les racines sont très superficielles, inutile de bêcher. Chaque récolte et chaque taille exportent de la matière organique : amendez la terre entre les cannes avec du compost, du fumier bien décomposé ou un engrais organique (voir aussi engrais verts pour un sol épuisé).

Les jeunes tiges vertes retirées lors de l’éclaircissage peuvent être broyées et étalées en paillage. En revanche, les vieilles tiges mortes sont de potentielles niches à maladies. Brûlez-les ou évacuez-les, sans les laisser au pied du rang.

Les erreurs qui sacrifient la récolte de l’été prochain

Mains gantees taillant des cannes de framboisiers vertes

La première erreur est de tout couper à ras par réflexe. Sur un remontant comme sur un non remontant, supprimer les jeunes cannes vertes revient à renoncer aux framboises. La deuxième est de ne rien faire : trois ans sans taille suffisent pour que le massif s’étouffe et que la moisissure grise s’installe.

Troisième piège : laisser les cannes mortes sur place après les avoir coupées. Elles portent des spores de botrytis et de rouille qui contamineront les jeunes tiges au printemps. Enfin, ne conservez pas trop de cannes par souci de bien faire. Au-delà de 6 à 8 par mètre, l’air circule mal et chaque tige produit moins.

Retenez la règle de base : on coupe ce qui a déjà fructifié, ce qui est faible ou malade, et ce qui déborde. Le reste prépare vos framboises de l’an prochain.

Amoureux des belles maisons et des jardins bien entretenus, Julien écrit pour Journal Maison sur la vie à la maison et les projets immobiliers. Il cherche à rendre l'information claire, utile et inspirante, avec le sens du détail.

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