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Un souffleur à feuilles le samedi matin d’octobre, et c’est le voisin qui vient vous parler des horaires

Un souffleur à feuilles le samedi matin d’octobre, et c’est le voisin qui vient vous parler des horaires

Un samedi matin d’octobre, vous sortez le souffleur thermique pour chasser les feuilles mortes de la pelouse et de l’allée. Le samedi suivant, le voisin sonne. Il ne parle pas de feuilles, il parle d’horaires. Cette scène se rejoue chaque automne dans les lotissements, et elle pose une vraie question : à quelle heure a-t-on le droit de lancer un moteur chez soi ?

Le samedi matin, a-t-on le droit d’utiliser un souffleur ?

La réponse courte : aucune réglementation nationale ne vise spécifiquement le souffleur à feuilles. Il n’existe donc pas d’heure fixée pour toute la France. Le samedi matin peut être permis chez vous et exclu dans la commune d’à côté.

Ce qui compte, ce sont les horaires autorisés pour les outils bruyants, fixés par arrêté municipal ou arrêté préfectoral. Ces textes distinguent en général les jours ouvrables, le samedi, puis le dimanche et les jours fériés. Pour savoir si votre samedi matin est un bon créneau, il faut lire celui de votre commune.

À défaut d’horaire précis, une règle générale s’applique à toute heure du jour comme de la nuit. Nous y venons plus bas.

Haute-Savoie, 2007 : un exemple à vérifier, pas une règle nationale

Dans un arrêté du préfet de Haute-Savoie daté du 27 juillet 2007, les particuliers peuvent jardiner de 8 h à 20 h les jours ouvrables, de 9 h à 19 h le samedi (hors pause de 12 h à 14 h 30) et de 10 h à 12 h le dimanche et les jours fériés. Dans ce département, un souffleur à 10 h un samedi d’octobre entre donc dans les clous. Ailleurs, rien ne le garantit.

Pourquoi les horaires changent d’une commune à l’autre

Le maire est le chef de la police du bruit. C’est lui qui prend les arrêtés communaux, en complément des arrêtés du préfet. Chaque commune peut donc resserrer les plages horaires, ou ajouter une limite propre à certains appareils.

Le Touquet en donne un exemple concret. Par arrêté du 26 août 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026, la commune interdit aux entreprises et aux professionnels d’utiliser un souffleur thermique pour souffler les feuilles mortes avant de les ramasser. La mesure ne concerne pas les particuliers. Ils restent soumis à la règle générale sur le bruit de voisinage et aux horaires de leur commune. On ne peut pas en déduire que la même interdiction existe ailleurs.

Un détail utile si vous faites appel à un paysagiste : l’arrêté haut-savoyard cité plus haut prévoit que les activités professionnelles avec des appareils bruyants s’interrompent entre 20 h et 7 h, et toute la journée les dimanches et jours fériés, sauf urgence. Le professionnel ne suit pas forcément le même calendrier que son client.

Le texte de référence : l’article R1336-5 du Code de la santé publique

Immeuble urbain de nuit avec fenetres eclairees et balcon

Même quand l’heure est respectée, une autre règle s’applique. L’article R1336-5 du Code de la santé publique interdit tout bruit qui, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porte atteinte à la tranquillité du voisinage. Il vaut à toute heure.

Le souffleur n’y est pas nommé, et le texte ne fixe ni horaire ni seuil en décibels pour ce cas. Un voisin peut donc s’appuyer sur cet article même si vous êtes dans la plage permise. Un appareil qui tourne longtemps, ou qui repasse plusieurs fois dans la matinée, expose davantage à la contestation qu’un passage de vingt minutes.

Le bruit des souffleurs : ce que disent les fabricants et le CidB

Le Centre d’information sur le bruit (CidB) consacre une fiche pratique à ces appareils. Elle rappelle que le bruit d’un souffleur peut atteindre 105 décibels, d’après la notice technique de certains modèles. C’est une valeur maximale annoncée par les fabricants, pas un chiffre valable pour toutes les machines.

Le premier réflexe consiste donc à regarder la notice de votre propre appareil. Le CidB note aussi que le souffleur peut gêner les habitants, surtout quand il sert plusieurs fois par jour ou par semaine. Les riverains retiennent le bruit, mais aussi la poussière soulevée.

Du côté des utilisateurs, l’argument est pratique. Sur un grand terrain, un seul passage évite de longues heures de râteau, et pour qui travaille la semaine, le samedi matin est souvent le seul créneau disponible. Les deux positions se comprennent, d’où l’intérêt de la méthode qui suit.

Quand le voisin se plaint : dialogue, puis maire

Pour le CidB, on commence par le dialogue : faire part à l’utilisateur des nuisances subies. Si l’appareil est utilisé par un agent municipal, on peut en informer directement le maire. Votre voisin, en venant vous parler le samedi suivant, a donc suivi l’ordre des étapes recommandé.

Côté utilisateur, la meilleure réponse n’est pas de brandir un droit, mais de montrer que vous connaissez le texte. Si l’échange ne mène à rien, le recours passe par la mairie, qui détient la police du bruit. Le sujet des sanctions et d’une éventuelle amende relève alors de l’arrêté local et de l’autorité compétente, et non d’un barème national propre au souffleur.

Comment connaître les horaires de sa commune

Facade de mairie avec vitrine affichage et drapeau tricolore

Aucun panneau unique ne règle la question. Le point d’entrée reste la mairie pour l’arrêté municipal, puis l’arrêté préfectoral du département. Si l’arrêté est introuvable en ligne, un appel ou un passage en mairie règle la question en quelques minutes.

Dans ces textes, repérez les plages autorisées en semaine, le samedi, le dimanche et les jours fériés. Avant de lancer le moteur, trois vérifications suffisent :

  • l’heure à laquelle vous démarrez ;
  • le jour, en particulier s’il s’agit d’un samedi, d’un dimanche ou d’un férié ;
  • l’existence d’une règle propre aux souffleurs dans la commune.

Si l’un des trois points pose problème, vous avez des solutions. Et si le voisin sonne quand même, la conversation partira d’un texte précis plutôt que d’une impression.

Râteau, tas au pied de la haie : ceux qui font marche arrière

Certains jardiniers reviennent au râteau, ou choisissent de remplacer la débroussailleuse par une faux. C’est plus long, mais le bruit de moteur disparaît du problème. Sur un grand terrain, le chantier peut se découper en plusieurs séances courtes plutôt qu’en un seul passage.

D’autres laissent les feuilles mortes en tas au pied des haies, où elles se décomposent d’elles-mêmes, une façon de garder ses feuilles mortes au jardin. Le CidB cite d’ailleurs cette pratique et le paillage parmi les gestes d’entretien plus écologiques que l’on peut proposer. Une pelouse recouverte demande sans doute plus de surveillance qu’un pied de haie, où la couche peut rester en place et servir de paillis.

Dans tous les cas, moins de passages de souffleur, c’est moins de cette répétition que le CidB pointe comme source de gêne. Un samedi matin plus calme vous évitera bien des visites de voisinage.

Amoureux des belles maisons et des jardins bien entretenus, Julien écrit pour Journal Maison sur la vie à la maison et les projets immobiliers. Il cherche à rendre l'information claire, utile et inspirante, avec le sens du détail.

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